The Go-Go boys d'Hilla Medalia, en salles depuis le 29 octobre, retrace l'épopée de la Cannon films, empire de la série B américaine dont le logo fait figure de madeleine pour quiconque a grandi dans les années 80. Quelques mois avant la mort de Menahem Golan, nous avons eu la chance de les rencontrer, lui et Yoram Globus, à Cannes où le film était dévoilé.

Dans les années 80, ce duo de producteurs israéliens fit les beaux jours du cinéma populaire américain en initiant des méthodes de promotion qu’emploient encore aujourd’hui les studios. Voir le logo de la Cannon, leur société de production, c’était entrer dans le monde régressif et viril des ninjas et de Chuck Norris, un monde où la série Z remontait vaillamment l’alphabet pour s’approcher de la lettre B, et titiller le A de « auteur ». Car entre deux franchises remplissant les tiroirs à billets des circuits VHS, les deux compères  prirent aussi soin de produire des cinéastes comme Cassavetes, Polanski ou Godard, et au moins un très grand film, avec le Runaway Train de Kontchalovsky.  A Cannes, où ils étaient venus présenter un chaleureux documentaire retraçant leur histoire, les deux compères purent revivre pendant quelques jours l’effervescence qu’ils avaient connue au temps de leur splendeur, quand le marché du Festival était envahi de leurs productions.  L’occasion d’une rencontre avec ces deux anciens mogul du cinéma américain, rentrés désormais au bercail israélien après avoir considérablement réduit la voilure. Entretien d’autant plus émouvant que Menahem Golan est depuis allé rejoindre les premiers pionniers du cinéma américain au ciel éternel d’Hollywood.