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Jérôme Noirez - Féerie pour les ténèbres | Paolo Bacigalupi - La Fille automate | Dermot Bolger - A second life | Jaroslav Rudis - La Fin des punks à Helsinki | Rebecca Hunt - Une Humeur de chien |
© Les Éditions Réticulaires, 1997-2010
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En fait de programme, les éditions Books proposent rien moins que « La Fin des punks à Helsinki » vue depuis l'ex-Allemagne de l'Est par un auteur tchèque. Jaroslav Rudis, avec un parcours éclectique, n'y va pas par quatre chemins et offre à la Tchéquie un nouvel écrivain à succès, très loin de la référence tchèque traditionnelle d'un Milan Kundera.
Auteur prolixe, Dermot Bolger est indissociable du renouveau de la littérature irlandaise, aux côté d'un Roddy Doyle ou d'un Joseph O'Connor. Publié pour la première fois en 1994, révisé en 2010, « A Second life » reprend des thématiques qui lui sont familières : construction de l'identité et absence de la mère.
Grâce à la jeune romancière Rebecca Hunt, voici Winston Churchill propulsé au rang de héros de roman. « Une Humeur de chien » raconte ses derniers jours au Parlement, en juillet 1964 ; à 89 ans, l'ex-Premier Ministre s'apprête à tirer sa révérence et à quitter son siège...
C'est ce qu'on appelle réussir son entrée dans le monde des lettres. A 39 ans, Paolo Bacigalupi livre avec « La Fille automate » un premier roman qui a déjà raflé les principaux prix SF outre-Atlantique (Hugo, Nebula, Locus) et a l'étoffe d'un futur classique.
Dans Excess all areas, article inédit en français, Simon Reynolds, l'auteur de l'excellent « Rétromania » que nous avons aussi interrogé, compacte et introduit plusieurs des concepts primordiaux de son essai et en étend surtout la moelle théorique. Bienvenue dans l'« anarchive », et bonne chance.
Jérôme Noirez est une étoile à part dans la galaxie des lettres françaises. Alors que sort l'intégrale de son cycle Féerie pour les ténèbres, ce féru de Céline qui s'est étrangement essayé à la « fantasy » ne se fait pas d'illusions sur la taille de son lectorat. Interview franc-parler, entre amusement et résignation.
Contribution d'Albin Michel au Salon du Livre 2012 : la publication de ce roman inachevé de Yasunari Kawabata, qu'on peut lire comme une sorte de testament littéraire du Nobel japonais (1968), suicidé en 1972. « Les Pissenlits » approfondi des thématiques déjà présentes dans l'oeuvre : l'enfermement, le désir et l'érotisme, la mort...
Voilà donc, pour clôturer la trilogie à succès d'Haruki Murakami, « 1Q84 livre 3 », apparemment la pièce maîtresse de l'ensemble, suite et fin des aventures de Tengo et Aomame dans leur étrange monde parallèle aux deux lunes où règnent les « Little people »...
La postérité d'un écrivain est parfois paradoxale. Sándor Márai : une oeuvre monumentale, aujourd'hui considérée comme un classique de la littérature centre-européenne, mais qu'on a pourtant découvert tardivement, après sa mort en 1989. Publié en Hongrie en 1946, « La Soeur » est le dernier livre « hongrois » de Márai, écrit juste avant son départ pour l'Europe de l'Ouest et les Etats-Unis...
Associés depuis la création théâtrale « I apologize » en 2004, la plasticienne-chorégraphe Gisèle Vienne et l'écrivain Dennis Cooper semblaient faits pour se rencontrer, tant le binôme partage les mêmes obsessions : l'amour des antagonismes, le goût pour un érotisme des plus troubles et l'attrait pour les adolescents criminels, dénués de tout repère moral. Le Centre Pompidou confie au duo une carte blanche à partir du 22 février 2012, l'occasion d'un entretien-fleuve autour de ce « work in progress » labyrinthique et passionnant.
Il a inspiré un essai célèbre à Michel Foucault, inventé le camping-car de luxe, suscité l'admiration des surréalistes et composé l'une des oeuvres les plus bizarres de notre littérature : c'est Raymond Roussel, l'auteur de « Locus solus » et d'« Impressions d'Afrique », héritier d'une fortune colossale et héros de cet étonnant roman du galeriste Patrice Trigano.
Ayn Rand, pasionaria du capitalisme injustement méconnue en France, est l'auteur de deux des plus gros best-sellers de tous les temps (« The Fountainhead » et « Atlas shrugged »). Une biographie et la traduction (enfin) d'« Atlas » rendent justice à cette personnalité hors du commun, genre Madame Figaro avec des couilles.
Quand un Français décide de mettre les pieds dans ce territoire qui n'est pas le sien, on craint le pire. Blue Jay way, qui paraît chez Sonatine, est le « polar américain » de Fabrice Colin, qui n'a jamais caché son goût pour la mythologie locale, revendiquant les influences de Lynch, Ellis ou Philip K. Dick...
Ayn Rand, pasionaria du capitalisme injustement méconnue en France, est l'auteur de deux des plus gros best-sellers de tous les temps (« The Fountainhead » et « Atlas shrugged »). Une biographie et la traduction (enfin) d'« Atlas » rendent justice à cette personnalité hors du commun, genre Madame Figaro avec des couilles.
Maylis de Kerangal avec « Tangente vers l'est », Cécile Ladjali dans « Aral » donnent de l'Est lointain deux visions étonnamment proche, entre mythe, rêve, clichés et réalité, deux récits de fuite et d'apaisement, deux courts écrits des grands espaces, de l'infini et de l'enfermement.
Sur les traces du quotidien heurté de Berl Pickett, médecin de proximité, séducteur local rattrapé par un passé chaotique, des aspirations singulières, des regrets lancinants, Thomas McGuane fait, avec « Sur les jantes », dans la farce sur fond de mélancolie bien tempérée. Tout appelle aux clichés d'une vie simple, à commencer par cette figure du bon docteur, doucement excentrique.
Connaissez-vous « le Bairro » ? De ce quartier imaginaire, « lieu où l'on tente de résister à la barbarie », l'un des écrivains portugais les plus considérables de sa génération, salué par des admirateurs du calibre de José Saramago, Alberto Manguel ou Enrique Vila-Matas, a décidé de faire un livre. Ou plutôt, une collection de livres, chacun dédié à un habitant...
Slocombe brouille les pistes entre fiction et réalité en mêlant les personnages réels aux personnages imaginés. Au-delà de son aspect historique, toutefois, « Monsieur le Commandant » est d'abord et avant tout une tragédie familiale et amoureuse aux ressorts quasi oedipiens, ceux de l'inceste et de l'adultère.
Romancier à la cool et scénariste cinéma & TV pour « Les Experts », « Twin Peaks » et « Alf », la marionnette poilue extraterrestre bouffeuse de minous, Jerry Stahl nous avait confié avoir définitivement tourné la page de la dope... sauf que »Anesthésie générale » ne donne pas le sentiment d'un mec complètement clean, les yeux bien arrêtés en face des trous.
Enième variation sur le thème de l'innocence perdue, « Les Revenants » est un conte grinçant à la perversité étudiée, loin, très loin des « Twilight » et autres variations vampiriques, capable de relire les clichés les plus éculés pour mieux faire grandir un trouble insidieux, craqueler jusqu'aux façades les mieux établies de l'Amérique puritaine.
Vingt ans après « Peu importe », Edward St Aubyn achève le quintet (largement autobiographique) des Melrose avec « Enfin », roman de la libération et du renouveau. Rencontre avec le plus fin des écrivains britanniques.
Le psychopathe, le tubard et le mythomane. Le road trip sur fond de krach boursier 1929 de Monte Schulz (fils aîné de Charles M. Schulz, l'homme des « Peanuts ») aligne un curieux trio monté en Packard Six pour parcourir les grandes plaines américaines.
On ne choisit pas de naître et grandir en Franche-Comté. On choisit encore moins de le faire dans une famille branlante, où le père a pris la poudre d'escampette avant qu'on ne naisse, pour finir avec « Gros Lapin Nase ». Tordu ? Peu importe, car Alice, l'héroïne de ce journal intime, subtil mélange de réflexions adulescentes et de considérations acides sur l'époque, a justement « décidé de s'en foutre ».