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A Serious man | Gainsbourg, vie héroïque | Shutter island | La Rafle | I love you Philip Morris | Mother | Où sont passés les Morgan ? | Fantastic Mr. Fox | Sherlock Holmes | A Single man |
© Les Éditions Réticulaires, 1997-2007
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Avec ses airs de petite pochade klapischienne starring Romain Duris, "L'Arnacoeur" a plutôt de quoi effrayer sur le papier. Mais non, suprise : le film de Pascal Chaumeil est hilarant et souvent jubilatoire, se hissant hors des sentiers battus de la comédie de séduction gentillette à laquelle tout semblait le prédestiner.
"The Good heart" vaut pour cette constance dans la platitude, cette égalisation sans effets de tout motif, interdisant jusqu'au bout le moindre soupçon de malignité de la part de son auteur. Rien de bien décisif ne s'y dit, aucune scène ou réplique qui laissent, au final, le moindre souvenir.
"La Révélation" déçoit par son pathos difficilement supportable, avec cette manière qu'ont les personnages d'y porter le poids du monde sur leurs épaules, de ne s'exprimer qu'en généralités pompeuses sur la dignité, la personne humaine, la faute, foudroyant de leur regard de justes leurs adversaires compromis ou médiocres.
Difficile de définir en quelques lignes à quoi ressemble l'oeuvre d'un cinéaste comme Allan Dwan, quand celui-ci a plus de 400 films à son actif, qui a commencé dans le muet, filmé les grandes stars d'alors (Gloria Swanson, Douglas Fairbanks) et dont on voit, avec ce coffret, la queue de comète...
"Le Guerrier silencieux" est comme ces livres pop-up qui se déplient en tournant ses pages : parfaitement muet, il n'offre pour tout discours qu'une suite de compositions déconnectées, pour tout mystère que celui de sa conception.
Eastern plays est dédié à l'ami de Kamen Kalev (lire notre entretien) et comédien principal, Christo, pour qui il entretient la mémoire à travers son double fictif, bouleversant de mélancolie. Le réalisateur avoue être épuisé et angoissé par la promotion du film.
Superproduction française starring Gad Elmaleh et Jean Reno, gratifiée de l'assentiment de notre ancien président dans les colonnes du "JDD", "La Rafle" propose d'explorer le côté nounours de la Shoah. La proposition est osée mais on était préparé (une affiche et une bande-annonce, inouïes toutes les deux). Au secours.
Un peu sorti de nulle part, "Amer", de Hélène Cattet et Bruno Forzani, étrange litanie plastique autour des puissances du giallo italien, détonne dans le paysage des premiers longs français. Belle découverte.
Pour faire vrai, authentique, pour que le moindre détail "sente le vécu", tout le monde a "bien bossé". "Crazy heart" est le contraire de "Black snake moan", émanation démesurée d'un blues électrifié.
Une triplette de quinquas en mal d'amour s'élance en DS sur les routes départementales : difficile de trembler de désir à l'annonce d'un pitch doux-amer dévolu à gonfler d'aise les lectrices de "Madame Figaro"...
"Nine" apparaît moins comme le remake d'un film de Fellini (en l'occurrence "Huit et ½") que celui de l'Italie des années 60, celle du miracle économique et de "La Dolce vita". Dépourvu de toute veine carnavalesque et de toute bizarrerie, le film n'a qu'un objectif : "faire cinéma". Dommage, on s'est grave fait chier.
Après avoir épuisé ses réserves en sang humain, une civilisation de vampires est confrontée au déclin. La crise mondiale vue et corrigée façon "Twilight", en voilà une bonne idée que triture "Daybreakers" avec un sérieux pachydermique et une pauvreté stylistique digne du PIB du Bangladesh.
A priori, "Precious" a tout pour nous déplaire : pluggé sur l'imaginaire empesé d'un certain ciné indie se contentant de prendre le contre-pied d'Hollywood, le film de Lee Daniels est ce qu'on appelle avec une certaine horreur une bête de concours...
Le mystère des films de Darielle Tillon, ce qui en fait le prix, c'est cet équilibre extrêmement ténu, trouvé entre ce qui est narratif et ce qui ne l'est pas, entre ce qui est rassurant et ce qui est inquiétant, entre ce qui est maîtrisé et ce qui est informe, entre ce qui tient sur ses jambes et ce qui divague.
Le malaise après projection de "La Reine des pommes" s'explique-t-il par son ingénuité aux yeux de biche ? Rares sont les films disposant d'autant de bonnes intentions, voire de volontarisme à disserter sur les charmes désuets d'un romantisme un peu godiche...
De la veine mélo-social en milieu ouvrier, "La Tisseuse", du chinois Wang Quan'an, se dégage peu à peu du lot grâce à la délicatesse aiguisée de son écriture, un raffinement élevant sa petite normalité néoréaliste.
Depuis vingt-cinq ans, Tom Ford dirige des campagnes de publicité pour l'industrie de la mode, impose et distribue l'image des marques (Gucci, YSL, maintenant la sienne). Son premier film a permis à Colin Firth de recevoir, au dernier festival de Venise, le prix d'interprétation masculine.
Jusque dans ses plus obscurs nanars ("Je suis né d'une cigogne", "Exils"), le côté bon bougre du cinéma de Tony Gatlif nous reste sympathique. Mini-Kusturica patrimonial, le manouche du cinéma français fait un peu partie des meubles, comme on dit.
Le nouveau Martin Scorsese commence bien. Il commence en mer, une mer noire et sans horizon qui rappelle Le Vaisseau fantôme de Mark Robson et qui, sur le bateau qu'elle chahute, soulève le coeur de Di Caprio... Verdict.
En 2005, le documentaire "Babooska" s'attachait au quotidien modeste d'un cirque et de sa troupe qui sillonnaient l'Italie. Covi et Frimmel reprennent aujourd'hui un matériau similaire, mais sous les augures inédites de la fiction...
Chronic'art #63 - Gonzo Naulleau Clare And The Reasons + Bosque Brown au Café de la Danse The Album Leaf + The Go find à La Maroquinerie Yeasayer au Trabendo
[16.03.10]