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Cannes 2009
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Les Netocrates
Piranha 3D

Piranha 3D

Dernier survivant des travailleurs français d'Hollywood, la réussite américaine d'Alexandre Aja tient autant à son pragmatisme d'artisan fonceur, qu'à sa geek touch, en ces temps de remake systématique... Après "La Colline a des yeux" et "Mirrors", c'est à "Piranha" que s'attaque le frenchy, avec la même décontraction qu'à l'accoutumée.

American trip

American trip

Cela faisait presque un an que le label Apatow avait disparu des génériques. Un an, c'est peu, mais à considérer la vitalité et la fréquence de ses productions, ainsi que quelques échos un peu alarmistes expliquant qu'il rencontrerait quelques difficultés ces derniers temps, il y avait de quoi commencer à s'inquiéter...

Be bad !

Be bad !

"Be bad !" fait de la révolte de son héros une évidente libération face à une parentalité très largement défaillante, mais vite mise hors d'état de nuire grâce à des champignons hallucinogènes..

All about Steve

DVD

All about Steve

"All about Steve", qui sort en DVD, est un film étrange, parfois proche du nanar, ailleurs curieusement inspiré. La dernière demi-heure est presque affreuse. Sur la société du spectacle, le film a d'abord de belles intuitions, qu'il finit par marteler sans subtilité...

Oncle Boonmee

Une fois n'est pas coutume : la Palme d'or 2010 est, aussi, le plus beau film de l'année. Tout juste revenu de Cannes où le jury de Tim Burton venait de lui remettre le prix suprême pour Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, Apichatpong Weerasethakul nous a reçu, à Paris, pour parler des fantômes et de la Thaïlande, et aussi de Spielberg et de "Re-animator".

Salt

A l'heure où le cinéma d'action délaie et enfle de partout, Philip Noyce nous sert un expresso d'1h35, un film aussi droit et serré que l'était déjà "Calme blanc". A partir d'une trame et d'un personnage qui rappellent de loin en loin le "Au revoir à jamais" de Renny Harlin, le cinéaste s'interdit lui de broder, digresser, ou même s'attarder, il enclenche une mécanique sans génie mais parfaitement boulonnée.

600 kilos d'or pur

"600 kilos d'or pur" souligne la terrible désorientation du cinéma d'aventures français des dix dernières années, condamné à en faire des caisses, ou au contraire, à se réfugier dans une humilité qui confine au néant, comme ici.

Poetry

Les temps sont durs pour les (grand-) mères coréennes. Après l'enquête clandestine de la "Mother" de Bong Joon ho, prête à tout pour faire sortir son fils idiot de prison, celle du nouveau Lee Chang Dong se retrouve confrontée à la nouvelle d'un crime commis par son petit-fils : le viol collectif d'une camarade de classe, qui a conduit celle-ci au suicide...

Le Bruit des glaçons

Qu'un cinéaste en panne d'inspiration depuis vingt ans aborde la question du cancer paraît logique. Surtout lorsque le cinéaste s'appelle Bertrand Blier, pervers pépère à bout de souffle mais résolument opiniâtre, pas près d'accepter sa mort cinématographique malgré une inspiration pour le moins métastasée.

Expendables : unité spéciale

Après avoir promis monts et merveilles, "Expendables : unité spéciale" débarque sans doute un peu plus miteux que prévu, mais atteint, quand même, et avec un panache indéniable, l'objectif qu'avaient fixé pour lui tous les fans de la planète. Les "last but not least action heroes" de notre enfance sauveront-ils notre été ?

The Karate kid

Conçu comme un manuel de bonne entente sino-américaine, et sans le syndrome "Rush hour 2", "The Karate kid" ne se contente pas de transposer l'intrigue de l'original à Pékin : il joue au tour-operator. Pas si mal.

Sexy dance 3 : The Battle

Peu importe l'histoire, ce n'est pas via son scénario que brille "Sexy dance 3" mais surtout par ses chorégraphies acrobatiques et sa manière de revenir à un montage qui laisse la place à la notion de plan. Qui plus est, depuis "Avatar", voici l'un des premiers films à faire un usage réellement convaincant de la 3D.

Cleveland contre Wall Street

Parce qu'il s'avère impossible de poursuivre en justice le FMI et ses plans d'ajustement structurel, on organise un procès fictif : difficile ici de ne pas songer à "Bamako". Une même idée porte le film, qui consiste à monter de toutes pièces un tribunal dont les conclusions, faute d'avoir la moindre portée juridique, serviront au moins à informer et alerter les consciences...

Chatroom

Après "L'Autre monde" de Gilles Marchand, sorti il y a un petit mois, le nouveau film de l'auteur de "Ring" et "Dark water" s'intéresse donc à son tour au "virtuel". Mais le passage en Angleterre du Nakata ne révéle rien d'autre ici qu'un pompiérisme inattendu.

The Killer inside me

Loi du moindre mal oblige, "The Killer inside me", énième polar tiré de l'oeuvre de l'auteur mythique Jim Thompson, est d'emblée moins irritant que les prétextes world sensationnalistes ("In this world", "The Road to Guantanamo") qui gonflent habituellement la baudruche winterbottomienne...

L'Arbre

Adapté d'un best-seller, "L'Arbre" se veut conte thérapeutique face au deuil, oeuvrant dans la dignité la plus mainstream et raisonnant par dédicace universelle - le film est dédié à "tous ceux qui ont passé leur enfance à crapahuter dans les arbres pour fuir le monde adulte"...

L'Apprenti sorcier

"L'Apprenti sorcier" a une manière assez belle d'assumer son kitsch sans tomber dans le moche, de tirer quelque chose d'assez cinégénique du cracra des cheveux gras et des amulettes plutôt que de s'y complaire. Plus élégant, de loin, que "Pirates des caraïbes", par exemple.

Cellule 211

Présenté outre-pyrénées comme le "Prophète" espagnol, "Cellule 211" ne partage avec l'Audiard que son environnement et son succès. Pour le reste, cette révolte de prisonniers convoque d'avantage la sécheresse sérielle de Oz que les arguties stylistiques de son coreligionnaire. On ne s'en plaindra pas.

L'Heure du crime

L'agression du gardien d'une grande demeure bourgeoise et de sa compagne, au cours d'un cambriolage, suscite des interrogations. "L'Heure du crime" est un polar moins poussiéreux que ne le suggère ce titre français digne de Pascal Thomas...

Insoupçonnable

"Insoupçonnable" : déjà, difficile de se motiver avec un titre aussi générique. Odieuse machination dans les règles de l'art, l'intrigue rassure à peine, pas plus en tout cas que le seul fait d'arme de Gabriel Le Bomin ("Les Fragments d'Antonin").

Droit de passage

A ce degré de conformisme aux canons du film choral hollywoodien, "Droit de passage" s'impose comme un modèle de choix, toujours sur le fil d'une ringardise lelouchienne : dosage scientifique entre guigne et coups de bol, salauds et types sympas, obsession de la sociologie, de la fable, et saucissonnage grandiloquent de l'espace-temps.

Night and day

"Who are you, really ?". Voilà tout le sel théorique de "Night and day" : qui est Roy Miller ? Ou plutôt : qui est Tom Cruise ? Voilà un moment que la question se pose de films à sa gloire en apparitions publiques, de guest-rôles en interviews, sans qu'une réponse satisfaisante se fasse jour. Cruise est-il un fou, un génie ou un démon ?

Plan B

Moins axé sur les manifestations les plus visibles des signes d'homosexualité que sur la prise de conscience par deux potes hétéros de sentiments amoureux naissants par-delà les vannes et les petits défis, "Plan B" ne parvient jamais à faire vraiment corps avec la progression de cette relation.

Le Dernier maître de l'air

Au fil des ans, la carrière de Shyamalan semble prendre une tournure chaque fois plus étrange, consacré petit génie avant de dégringoler tout à la fois dans le landernau critique et au sein même de sa base de fans. C'est peu dire que ce "Dernier maître de l'air" risque de ne réconcilier le cinéaste ni avec les uns ni avec les autres.

Honor de cavalleria

Après Pedro Costa ("Dans la chambre de Vanda") et Jean-Claude Rousseau (La Vallée close), et en attendant Pierre Creton ("Trilogie du pays de Caux") et André Labarthe ("Le Dinosaure et le bébé"), c'est à Albert Serra et à son "Honor de cavalleria" que les éditions Capricci font l'honneur de la belle collection dvd "Que fabriquent les cinéastes ?".

City of life and death

Nié côté japonais, tabou côté chinois, le massacre de Nankin, perpétré par les troupes d'Hiro-Hito en 1937, demeure un sujet chatouillant pour les deux pays. Preuve que la douleur reste vive, les problèmes rencontrés par "City of life and death" avec la censure en Chine, Chuan Lu ayant été suspecté de tendresse douteuse envers l'ennemi...

Kiosque Chro #67

Chronic'art #67
Juillet / Août 2010

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