C'est à la troisième bière offerte par les membres de Shit Browne que mon intégrité professionnelle a définitivement sombré. Morceaux joués en exclu pour nous dans
leur QG, pique-nique au jardin de l'arsenal par une après-midi ensoleillée, jeux
d'eau et galipettes dans l'herbe... Cette rencontre avec l'un des groupes pop
parisiens les plus rafraichissants du moment vire au cas d'école : la
dérive pure et dure du journalisme vers le copinage le plus éhonté. Par Saint
Blondin, protecteur des rédacteurs avinés, reprenons-nous ! Non, c'est une
certitude,
Every single penny will be reinvested in the party
(tout est dit) est un sacré bon disque. Entre un brûlot punk, une comptine
électronique ou un hymne hédoniste aux basses chaloupées, les gandins enfilent
les morceaux comme autant de perles pop, soulevant au passage cette question
cruciale : comment un groupe doté d'un nom aussi merdique (sans jeu de
mot) peut-il accoucher d'aussi bonnes chansons ? C'est peut être un peu
cela leur marque de fabrique. Jouer aux idiots magnifiques pour dégommer la
concurrence - « Candides » sous ecstasy au pays des clones
tristes du rock, esthètes aux frocs baissés, fêtards et sensibles à la fois…tout
à l'image de leur musique. Décomplexé, le quintet dépoussière le son
Baggy et s'amuse
joyeusement avec les grandes figures de l'indie pop. Les Stone Roses, Happy Mondays, Primal Scream ou Almond / Sommerville (
Winter collection) comme autant de jouets démontés et réinventés par ces gamins gâtés. On les
attend de pied ferme dans la cour des grands. Voir
le MySpace du groupe.
Entretien réalisé par Arnaud Ducome / Montage : Julien Deschamps