C'est un fait établi : les gros festivals européens se tirent la bourre avec peu ou prou une programmation similaire, sur le mode : les jeunes pousses d'hier, devenues grosses machines d'aujourd'hui, tiennent la dragée haute aux "talents" de demain. Entre obscurantisme underground et machine de guerre commerciale, il existe néanmoins une zone intersticielle où s'insinuent une multitude de festivals délibérément alternatifs, dont le plus emblématique demeure "All tomorrow's parties" (ATP), le meilleur festival rock du monde. Contrairement à la plupart des festivals, ATP ne cède en rien aux sirènes du marketing : la programmation se plie en bonne et due forme aux choix, aussi exigeants soient-ils, d'un artiste séminal, curateur, qui a totale carte blanche. Ainsi se sont succédés dans le rôle du "curator" des personnalités au goût très sûr : Sonic Youth, Shellac, Tortoise, Autechre, Vincent Gallo, Throbbing Gristle, Devendra Banhart ou des artistes visuels tels que Jake & Dinos Chapman ou Matt Groening (créateur des Simpsons). Davantage qu'une vitrine de l'actualité "pop" – fatalement accompagnée d'un déferlement de sponsors et d’un essaim d’attachés de presse - ATP est avant tout un lieu de découvertes qui se garde bien d'adopter l'esprit conquistador du mainstream. A d'autres le gigantisme et la "Music for the masses", prétexte à des beuveries entre kids en mal d’ablutions dans la boue, ATP privilégie un cadre convivial et une proximité avec les artistes, logés à la même enseigne que le public, au sein d'un village de vacances en bord de mer. Evidemment, ce confort a un prix, mais à raison de deux cent et quelques euros le forfait pour les trois jours avec une cinquantaine de groupes programmés, autant dire que l'offre est attractive. Petit reportage Gonzo à l’ATP, en décembre dernier, "curaté" par Thurston Moore (Sonic Youth) par Vincent Moon. Lire aussi, en complément,
le compte-rendu complet de Julien Bécourt.
Compte-rendu à Minehead (Angleterre) - 09.12.06
Réalisé par : Vincent Moon