Le Dernier maître de l'air | Inception | Toy story 3 | Night and day | Repo men | Twilight, chapitre 3 : hésitation | Expendables : unité spéciale (The Expendables) | Predators | Sexy dance 3 : The Battle (Step up 3-D) | The Killer inside me
© Les Éditions Réticulaires, 1997-2010
Tous droits réservés
Alors que l'on attend toujours l'album solo d'Andre 3000, Big Boi confirme sa maîtrise insensée du game avec le sien, bizarrement titré "Sir Lucious left foot / The Son of Chico Dusty" et annoncé l'année dernière par un duo de gros bras avec le hustler monocorde Gucci Mane, "Shine blockas", qui a figuré dans la plupart des best-of de 2009.
Dernier survivant des travailleurs français d'Hollywood, la réussite américaine d'Alexandre Aja tient autant à son pragmatisme d'artisan fonceur, qu'à sa geek touch, en ces temps de remake systématique... Après "La Colline a des yeux" et "Mirrors", c'est à "Piranha" que s'attaque le frenchy, avec la même décontraction qu'à l'accoutumée.
Cela faisait presque un an que le label Apatow avait disparu des génériques. Un an, c'est peu, mais à considérer la vitalité et la fréquence de ses productions, ainsi que quelques échos un peu alarmistes expliquant qu'il rencontrerait quelques difficultés ces derniers temps, il y avait de quoi commencer à s'inquiéter...
"Be bad !" fait de la révolte de son héros une évidente libération face à une parentalité très largement défaillante, mais vite mise hors d'état de nuire grâce à des champignons hallucinogènes.
Une fois n'est pas coutume : la Palme d'or 2010 est, aussi, le plus beau film de l'année. Tout juste revenu de Cannes où le jury de Tim Burton venait de lui remettre le prix suprême pour Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, Apichatpong Weerasethakul nous a reçu, à Paris, pour parler des fantômes et de la Thaïlande, et aussi de Spielberg et de "Re-animator".p>
Révérée par les cénacles techno pour une poignée de maxis parus au début des années 2000, l'oeuvre du maestro ambient Rod Modell voit bien plus grand que celles du tout venant techno dub. Elaboré autour d'une série d'enregistrements effectués au Japon, le deuxième album du duo qu'il forme avec Stephen Hitchell devrait permettre d'y voir plus clair.
Pendant tout l'été, Chronic'art plonge en live dans la question du genre et l'influence du réseau dans la diffusion de la culture queer, avec certains de ses acteurs les plus excitants. La "french" se "touch" là où ça fait bizarre, ici et maintenant. Ici, rencontre avec Cha, Yuri et Sophie, les activistes chroniqueuses éclectiques et organisatrices de soirée queer du site Foleffet.
Parce que l'été n'est jamais la période idéale pour s'enfiler des nouveautés, on parle ici de disques tout neufs, de musique brûlante mais de morceaux enregistrés il y a une éternité. Vous suivez ?
A l'heure où le cinéma d'action délaie et enfle de partout, Philip Noyce nous sert un expresso d'1h35, un film aussi droit et serré que l'était déjà "Calme blanc". A partir d'une trame et d'un personnage qui rappellent de loin en loin le "Au revoir à jamais" de Renny Harlin, le cinéaste s'interdit lui de broder, digresser, ou même s'attarder, il enclenche une mécanique sans génie mais parfaitement boulonnée.
"600 kilos d'or pur" souligne la terrible désorientation du cinéma d'aventures français des dix dernières années, condamné à en faire des caisses, ou au contraire, à se réfugier dans une humilité qui confine au néant, comme ici.
Les temps sont durs pour les (grand-) mères coréennes. Après l'enquête clandestine de la "Mother" de Bong Joon ho, prête à tout pour faire sortir son fils idiot de prison, celle du nouveau Lee Chang Dong se retrouve confrontée à la nouvelle d'un crime commis par son petit-fils : le viol collectif d'une camarade de classe, qui a conduit celle-ci au suicide...
Qu'un cinéaste en panne d'inspiration depuis vingt ans aborde la question du cancer paraît logique. Surtout lorsque le cinéaste s'appelle Bertrand Blier, pervers pépère à bout de souffle mais résolument opiniâtre, pas près d'accepter sa mort cinématographique malgré une inspiration pour le moins métastasée.
Entrez dans un monde de fantasmes gay à la fois déliquescent et fleur bleue, nihiliste et terriblement romantique, dans lequel l'infamie sexuelle est érigée au rang de manifeste poétique. Tel est le programme de ces dix-huit nouvelles réunies sous le titre "Un Type immonde".
Conçu comme un manuel de bonne entente sino-américaine, et sans le syndrome "Rush hour 2", "The Karate kid" ne se contente pas de transposer l'intrigue de l'original à Pékin : il joue au tour-operator. Pas si mal.
Peu importe l'histoire, ce n'est pas via son scénario que brille "Sexy dance 3" mais surtout par ses chorégraphies acrobatiques et sa manière de revenir à un montage qui laisse la place à la notion de plan. Qui plus est, depuis "Avatar", voici l'un des premiers films à faire un usage réellement convaincant de la 3D.
Après avoir promis monts et merveilles, "Expendables : unité spéciale" débarque sans doute un peu plus miteux que prévu, mais atteint, quand même, et avec un panache indéniable, l'objectif qu'avaient fixé pour lui tous les fans de la planète. Les "last but not least action heroes" de notre enfance sauveront-ils notre été ?
Parce qu'il s'avère impossible de poursuivre en justice le FMI et ses plans d'ajustement structurel, on organise un procès fictif : difficile ici de ne pas songer à "Bamako". Une même idée porte le film, qui consiste à monter de toutes pièces un tribunal dont les conclusions, faute d'avoir la moindre portée juridique, serviront au moins à informer et alerter les consciences...
Parmi les auteurs américains formant la génération post-Chris Ware et Daniel Clowes, la liste des prétendants au titre de nouvel espoir est très longue. Parmi ceux qu'il faut suivre impérativement : ce John Pham, dont l'oeuvre encore minuscule se distingue déjà par sa force d'évocation, son habile synthèse entre écriture romancée et dessins comme issus d'heures d'observation minutieuse.
"3D dot game heroes" est parsemé de clins d'oeil malins et fourmille de sous-quêtes mais, à l'inverse des grand titres de la vague néo-rétro, jamais il n'ose vraiment détourner les conventions auquel il rend hommage. Reste une belle recréation cosmétique, agréable, surprenante même si prisonnière de son projet de pillage.
Après "L'Autre monde" de Gilles Marchand, sorti il y a un petit mois, le nouveau film de l'auteur de "Ring" et "Dark water" s'intéresse donc à son tour au "virtuel". Mais le passage en Angleterre du Nakata ne révéle rien d'autre ici qu'un pompiérisme inattendu.
Adapté d'un best-seller, "L'Arbre" se veut conte thérapeutique face au deuil, oeuvrant dans la dignité la plus mainstream et raisonnant par dédicace universelle - le film est dédié à "tous ceux qui ont passé leur enfance à crapahuter dans les arbres pour fuir le monde adulte"...
Loi du moindre mal oblige, "The Killer inside me", énième polar tiré de l'oeuvre de l'auteur mythique Jim Thompson, est d'emblée moins irritant que les prétextes world sensationnalistes ("In this world", "The Road to Guantanamo") qui gonflent habituellement la baudruche winterbottomienne...
Dans la tradition américaine du roman fleuve, de la fresque historico-socio-familiale, difficile de trouver plus exemplaire que ce bien titré "America, America". Récit à la facture ultra classique, narration "à l'ancienne" : le romancier raconte, sur le mode du souvenir, une histoire de dynastie, entremêlant politique, analyse sociale et secrets de famille.
"Too many records, too little time". Parce que la maxime n'a jamais été aussi vraie, voici la première édition d'une revue qu'on espère la plus régulière possible. Qui parle de disques (essentiellement), de musique (surtout) et d'air frais (un peu). Enjoy.
"L'Apprenti sorcier" a une manière assez belle d'assumer son kitsch sans tomber dans le moche, de tirer quelque chose d'assez cinégénique du cracra des cheveux gras et des amulettes plutôt que de s'y complaire. Plus élégant, de loin, que "Pirates des caraïbes", par exemple.
Ennuyeuse pour les uns, la meilleure du monde pour les autres (impayable Jacques Bergier !), la science-fiction soviétique reste une "terra incognita" qui fait rêver. Retour en utopie à la faveur de la réédition des classiques "Stalker" et "L'Ile habitée", d'Arkadi et Boris Strougatski.
Pour son troisième obus (on ne dit plus "opus"), après "Kala", Mathangi "Maya" Arulpragasam, alias M.I.A., sort l'artillerie lourde en un bataillon de producteurs à sa botte (Diplo, Blaqstarr, Rusko, Switch) et une rafale de hits (de "coups"). Ecoutez "/\/\/\Y/\".
Présenté outre-pyrénées comme le "Prophète" espagnol, "Cellule 211" ne partage avec l'Audiard que son environnement et son succès. Pour le reste, cette révolte de prisonniers convoque d'avantage la sécheresse sérielle de Oz que les arguties stylistiques de son coreligionnaire. On ne s'en plaindra pas.
L'agression du gardien d'une grande demeure bourgeoise et de sa compagne, au cours d'un cambriolage, suscite des interrogations. "L'Heure du crime" est un polar moins poussiéreux que ne le suggère ce titre français digne de Pascal Thomas...
"Insoupçonnable" : déjà, difficile de se motiver avec un titre aussi générique. Odieuse machination dans les règles de l'art, l'intrigue rassure à peine, pas plus en tout cas que le seul fait d'arme de Gabriel Le Bomin ("Les Fragments d'Antonin").
A ce degré de conformisme aux canons du film choral hollywoodien, "Droit de passage" s'impose comme un modèle de choix, toujours sur le fil d'une ringardise lelouchienne : dosage scientifique entre guigne et coups de bol, salauds et types sympas, obsession de la sociologie, de la fable, et saucissonnage grandiloquent de l'espace-temps.
"All about Steve", qui sort en DVD, est un film étrange, parfois proche du nanar, ailleurs curieusement inspiré. La dernière demi-heure est presque affreuse. Sur la société du spectacle, le film a d'abord de belles intuitions, qu'il finit par marteler sans subtilité...
Désespérément silencieux depuis cinq ans, le duo d'archivistes le plus précieux de la pop revient enfin avec "The Way out". Bien plus qu'un nouvel album, c'est une merveille mélodieuse doublé d'un objet à l'ambition démesurée, la clé vers une bibliothèque sonore plus grande que le monde.
Faire du bruit dans le landerneau FPS aujourd'hui, s'avère une gageure de taille. Hormis quelques titres à venir, les échappatoires conceptuelles pointent difficilement, le genre ne semble souvent promis qu'à une customisation d'un legs de plus en plus ankylosé ; "Singularity" a l'étrange attrait de concéder son classicisme sans en rougir.
Moins axé sur les manifestations les plus visibles des signes d'homosexualité que sur la prise de conscience par deux potes hétéros de sentiments amoureux naissants par-delà les vannes et les petits défis, "Plan B" ne parvient jamais à faire vraiment corps avec la progression de cette relation.
"Who are you, really ?". Voilà tout le sel théorique de "Night and day" : qui est Roy Miller ? Ou plutôt : qui est Tom Cruise ? Voilà un moment que la question se pose de films à sa gloire en apparitions publiques, de guest-rôles en interviews, sans qu'une réponse satisfaisante se fasse jour. Cruise est-il un fou, un génie ou un démon ?
Au fil des ans, la carrière de Shyamalan semble prendre une tournure chaque fois plus étrange, consacré petit génie avant de dégringoler tout à la fois dans le landernau critique et au sein même de sa base de fans. C'est peu dire que ce "Dernier maître de l'air" risque de ne réconcilier le cinéaste ni avec les uns ni avec les autres.
El Boy Die, récemment en concert à Paris, après un intermède fructueux à Montréal au Canada, rapporte dans ses valises The Black hawk ladies & tambourins, nouvel album de folk progressive, dirons-nous, où les fantômes des Amérindiens chantent sur les guitares en coulée de laves d'aujourd'hui. Grand pont entre les époques et les continents. Interview du garçon.
Nié côté japonais, tabou côté chinois, le massacre de Nankin, perpétré par les troupes d'Hiro-Hito en 1937, demeure un sujet chatouillant pour les deux pays. Preuve que la douleur reste vive, les problèmes rencontrés par "City of life and death" avec la censure en Chine, Chuan Lu ayant été suspecté de tendresse douteuse envers l'ennemi...
Blockbuster oscarisable, "Inception" semble un film conçu dans une euphorie totale et un absolu sentiment de toute puissance. Logique, vu le récent triomphe public de "Dark knight", mais tout de même, il est assez rare qu'un cinéaste parvienne à profiter d'un contexte aussi souriant sans se voir rattraper par quelques prévisibles effets pervers...
Jusqu'ici aucun titre n'avait su donner la mesure des enjeux se jouant dans l'univers d'Optimus Prime et Megatron. Une faute un peu réparée avec "Transformers - Guerre pour Cybertron". TPS sympathique et surtout porté par le pouvoir d'évocation d'un fascinant monde façonné et gouverné par des machines vivantes.
Pendant tout l'été, Chronic'art plonge en live dans la question du genre et l'influence du réseau dans la diffusion de la culture queer, avec certains de ses acteurs les plus excitants. La "french" se "touch" là où ça fait bizarre, ici et maintenant. Entretien avec la photographe et réalisatrice Emilie Jouvet, l'une des pionnières du queer porn.
Après Pedro Costa ("Dans la chambre de Vanda") et Jean-Claude Rousseau (La Vallée close), et en attendant Pierre Creton ("Trilogie du pays de Caux") et André Labarthe ("Le Dinosaure et le bébé"), c'est à Albert Serra et à son "Honor de cavalleria" que les éditions Capricci font l'honneur de la belle collection dvd "Que fabriquent les cinéastes ?".
Serge Lehman a alimenté, pendant six mois, le fil de discussion le plus long de l'histoire d'Internet : un « brainstorming » géant autour de la science-fiction, la métaphysique, la littérature et les dieux. Il en a tiré un important matériau critique, avec l'envie de réviser notre histoire des lettres. Séance de rattrapage.
Dans "Le ParK", Bruce Bégout imagine un parc d'attractions expérimental d'un nouveau genre, synthèse de tous les parcs, de Disneyland aux centres commerciaux et aux camps de prisonniers. L'industrie du divertissement est-elle le stade terminal de la civilisation occidentale ?
Drôle de film que ce "Repo men". Objet hybride, situé quelque part entre "Total recall", "eXistenZ" et "Clones", le film de Miguel Sapochnik rejoint les rangs serrés d'une SF désaxée et gentiment réflexive. Du divertissement mainstream donc, mais qui, boosté à l'hémoglobine et lardé de scènes insensées, écope du statut enviable d'anomalie hollywoodienne.
Chronic'art #67 - Let's get Lost ! Jazz à la villette au Point Ephémère : All Night Long with DJ Mehdi Street Tease Birthday au Nouveau Casino Washed out sur The Drone
[27.08.10]